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Action contre la Faim plaide pour la création
d’un poste de Rapporteur spécial aux Nations Unies
afin de protéger le personnel humanitaire.

Pourquoi un rapporteur spécial ?

Chargés d’enquêter sur les violations et d’intervenir sur des questions précises ou dans des situations d’urgence, les Rapporteurs spéciaux jouent un rôle de premier plan dans la protection des droits de l’homme. Nommés pour six ans au maximum, ils sont indépendants, ne sont pas rémunérés et siègent à titre individuel.

Screenshot Photographie © Daniel Burgui
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Les missions du Rapporteur spécial

  • Sensibiliser et éduquer les parties prenantes aux conflits et les communautés impactées sur la nature du travail humanitaire et des principes humanitaires,
  • Améliorer le droit national et rechercher de nouveaux mécanismes de mise en œuvre en collaboration avec tous les Etats membres,
  • Recenser et enquêter sur les cas de violences envers les travailleurs humanitaires, suivre les actions mises en œuvre, afin de lutter contre l’impunité. Rendre un rapport annuel aux organismes compétents des Nations Unies,
  • Intervenir comme défenseur, conseil et comme un recours pour tous les travailleurs humanitaires confrontés à des cas de violences.

Photographie © Daniel Burgui

Pourquoi Action contre la Faim prend la parole ?


Ces quinze dernières années, plus de 3 000 humanitaires1 ont été tués, kidnappés ou blessés alors qu’ils aidaient des populations fragilisées par les guerres, les conflits armés ou les catastrophes naturelles.

La connaissance et le respect, par tous les acteurs concernés, des principes humanitaires – humanité, neutralité, impartialité, indépendance – devraient permettre un accès libre et sécurisé aux populations isolées et vulnérables, mais ne sont en réalité pas suffisants pour le personnel humanitaire. Apporter de l’aide humanitaire dans des contextes d’insécurité et d’instabilité implique des risques, bien identifiés et considérés par les professionnels de l’aide ; pourtant en 2014, 329 personnes2 ont été victimes d’attaques, principalement en Afghanistan, en Syrie mais aussi au Soudan du Sud, en République centrafricaine et au Pakistan.

La majorité des victimes était des collaborateurs locaux et leurs décès sont tombés dans l’oubli. Ces attaques interviennent bien souvent dans des pays où l’appareil d’Etat, déstabilisé, n’est pas en capacité de rendre la justice. L’impunité règne, alors que ces crimes ont des répercussions sur l’ensemble de la population ayant besoin d’assistance. Face à de telles attaques, les interventions humanitaires apparaissent parfois impossibles et ce sont l’accès et le secours apportés aux populations qui sont alors interrompus. L’aide humanitaire est le reflet de notre solidarité internationale et il est crucial que la communauté internationale se saisisse de cette question.

Le drame de Muttur

Action contre la Faim est particulièrement touchée par la question de la protection de travailleurs humanitaires. Le 4 août 2006, 17 travailleurs d’ACF ont été exécutés arbitrairement d’une balle dans la tête dans la ville de Muttur au Sri-Lanka. Les responsables de ce crime n’ont toujours pas été inquiétés ni traduits en justice. ACF se bat depuis 10 ans pour que justice soit rendue pour les victimes de Muttur et pour mettre fin à l’impunité entourant ce massacre sans précédent.


1 Source : Aid Worker Security website https://aidworkersecurity.org
2 Humanitarian Outcomes, Aid Worker Security Report 2015. Figures at a glance